dimanche, 17 février 2008
Bonne nouvelle in both official languages
Radio-Canada publie une anthologie des prix littéraires des années 2001 à 2006. Un livre pour le volet francophone — Un ton, une voix, un texte —, un autre pour le volet anglophone — The Mind's Eye. Lancement cette semaine.
Ma nouvelle, intitulée Gilles, s'y retrouve, primée en 2002.
La "bonne" nouvelle, c'est qu'elle a été choisie par les éditeurs anglophones pour être traduite et publiée également dans l'autre official language of Canada. Donc elle se retrouvera dans The Mind's Eye également.
Le titre en anglais : Gerard (prononcé en anglais, ça fait djewrard). Sur le coup, j'ai titillé, what's the point, qu'y z'on décidé de changer le nom du personnage principal? Djewrard, c'est pas plus anglophone que Jill, il me semble.
Mais quand j'ai lu la dernière ligne de ma nouvelle, in english, j'ai compris...
Et j'ai eu un très beau frisson.
Thanks to les traducteurs, Phyllis Aronoff et Howard Scott. Good job !
Trop good job peut-être... Parce qu'ils m'ont fait réaliser une erreur. À quelques occasions, dans le texte, j'emploie l'expression "à l'étage" croyant que ça indique l'étage sur lequel le narrateur se trouve. Les traducteurs l'ont traduit par "upstairs".
J'ai vérifié avec une Française qui a enseigné le français (on peut pas se tromper) et "à l'étage", ça signifie bel et bien "upstairs", qu'elle me confirme.
Quand les anglos nous font la leçon et que les Français confirment, z'avons intérêt à ouvrir nos oreilles d'un océan à l'autre.
20:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 24 septembre 2007
Plus indexé sur Google ?
Depuis plusieurs mois déjà, ce blogue n'affiche plus dans les résultats de Google quand on saisi mon nom dans la fenêtre de recherche.
???
Est-ce que ça a avoir avec le fait que je ne publie plus de billets? Je croyais que ça avait un rapport avec les statistiques de fréquentation seulement.
???
Si il y en a un parmi vous qui a sa petite idée là-dessus, transmettez moi l'information.
Merci
09:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 12 avril 2007
Neige d'avril
elle enfile
cette neige d’avril
les jurons sur le fil
de nos humeurs bougons
quand tardent bourgeons
et s’attardent giboulées
les bières sur les terrasses
en prennent pour leur rhume
et attendent comme des glaçons
aux narines d’un hiver
qui nous fait ses pieds de nez
en nous collant aux talons
les bottes?
qu'elles sèchent !
15:05 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 04 avril 2007
On éteint
Plus le temps passe, plus je constate combien les événements du quotidien ont de moins en moins d'impact dans nos existences. Des feux de paille, souvent; des petits pfuits sans portée, sans conséquence. On dirait que plus rien ou presque ne laisse de trace.
Un des organisateurs de la Journée des Marguerites a publiée
une lettre très personnelle dans Le Devoir. Elle s'intitule :
Et si j'avais vu l'Irak agoniser.
Dans le même veine, un très beau texte de Zazie du CD Zazie la Zizanie :
ON ÉTEINT
Elle a crié, poussé toute la nuit
pour qu'il pousse enfin son premier cri
on le berce pour l'endormir et puis
on éteint
On a crevé les yeux de nos poupées
tué les cow-boys et les indiens plumés
une histoire avant d'aller se coucher
et puis
on éteint
la lumière tout au bout du couloir
maman veille, papa qui rentre tard
paraît que ça se voit pas
qu'on pleure dans le noir
on éteint
mais les cris au beau milieu de la nuit
et on court se cacher sous le lit
et la peur prend le pas sur l'envie
vite
on éteint
on éteint : mieux vaut fermer les yeux
s'agit d'apprendre à ne pas être heureux
il nous faudra verser de l'eau sur le feu
pour l'éteindre
on grandit, on est un cow-boy, un indien
on est un bourreau qui pleure pour un rien
une victime plein de sang sur les mains
mais
on est un
un de ceux qui se croient tirés d'affaire
qui avancent sans regarder en arrière
qui sont prêts à tuer père et mère
et que
rien n'atteint
qui rien n'atteint
on a beau crier toute sa vie
on s'enflamme, on se quitte, on se marie,
on allume, on fait l'amour et puis
on éteint
on a beau crier encore et toujours
rien n'étouffera la manque d'amour
et ce feu brûle jusqu'au jour
où on s'éteint
où on s'éteint
- Zazie
10:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 04 mars 2007
Matthieu Ricard - Des mots qui ouvrent sur l'espace
Un entretien intelligent et inspirant avec Matthieu Ricard, moine tibétain et traducteur du Dalaï-Lama, qui a également collaboré avec une équipe de chercheurs en neuro-sciences étudiant le cerveau sous « méditation » et « contemplation ».
Réalisée par Christiane Charette, à la radio de Radio-Canada.
12:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 17 septembre 2006
Le Je
Un aphorisme d'un philosophe Indou, qui m'a particulièrement plu:
"The 'I' is an illusion but that illusion needs to be experienced, and it is only by experience that it can be known as an illusion."
- Shankarachanya
Traduction libre :
Le moi est une illusion, certes, mais une illusion dont il faut faire l'expérience. C'est par cette expérience seulement, que ce moi pourra comprendre qu'il n'est qu'une illusion.
— Shankarachanya
22:55 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 11 septembre 2006
Journée des marguerites
On entend facilement une bombe exploser
mais les marguerites qui poussent, qui les écoute?
C'est avec ce slogan qu'une nouvelle initiative a vu le jour, cette année, à Montréal : inviter les pratiquants de toutes les confessions à se recueillir, méditer, prier, écouter la forêt pousser afin de témoigner symboliquement et concrètement du fait qu'il peut être possible, toutes croyances confondues et réunies, de cohabiter et même de pratiquer sa foi, ses convictions, sa poésie.
J'ai assisté à l'événement. Trente minutes de silence. Un soleil radieux, un Mont-Royal solide et recueilli, une partie de son flan semé d'une cinquantaine de marguerites à la boutonnière d'un espace de paix. Croire que c'est peu, cinquante personnes, soixante peut-être, ce serait oublier que toutes les forêts du monde ont commencé par un arbre, un seul, qui, un jour, a pris racine pour accueillir la pluie, le vent, un oiseau en quête d'un logis ou le coup de canif d'un adolescent qui a eu besoin de graver un amour naissant sur une écorce silencieuse.
Marguerites de ce monde, cinquante que vous étiez, tournées vers la paix, le soleil, les voitures sur l'avenue du Parc, je souhaite que vous puissiez bouturer, ramifier, faire courir les hommes et les rhizomes; que vous nous fassiez découvrir ou redécouvrir cette terre, ce sol qui ne connaît de la discrimination, ni d'Ève, ni d'Adam; cette terre, ce sol qui porte, soutient, nourrit, s'élève en montagnes pour nous permettre de contempler le bonheur d'une vision élargie et périphérique ou creuse en vallées et rivières, pour faire glisser nos envies de paix, jusqu'au miroir d'un lac le plus proche.
A Xavier, Violaine, Étienne, Georges, André, Mario, Chrystèle, Jean-Claude — les artisans — profondes gratitudes.
20:20 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 26 août 2006
Les mots
Les mots n'ont point de flèches, ni d'épées; mais ils mettent l'esprit en pièces.
– Patrul Rinpoché
21:35 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 07 juillet 2006
Canadiens, canadiennes, soyez sans crainte
J'ai mis la main, hier, sur une charmante publication gouvernementale de notre bon gouvernement canadien, qui pense à tout, hé oui, vraiment à tout.
Le titre de cette publication : Guide à l'intention des Canadiens emprisonnés à l'étranger.
C'est tout ce qu'il nous manquait pour partir en voyage, l'esprit en paix, n'est-ce-pas ?
21:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 08 juin 2006
Bonne fête encore
il est assis sur un coussin
jambes croisées
il suit le souffle
précis régulier fidèle
il repose au calme
s'emplit d'un lac
comme d'un parfum d'aube
à la surface étale qu'il lisse
souffle après souffle
il est posté à l'entrée d'une salle
où il y a des coussins
et des gens assis dessus
qui ont volé quelques heures
au précieux temps
pour inspirer le présent
ils sont là et maintenant
du moins, ils y tendent
sur le coussin
ouvert à tout, ouvert à rien
ouvert à l'ouverture
à apprendre que l'espace n'est pas si effrayant
il est gardien de cette salle
protecteur de cet espace
veilleur des aurores de l'éveil
qui apparaissent on ne sait jamais quand, ni pour qui
un homme s'approche
un compagnon
un spécialiste
qui connaît les coussins sous toutes leurs coutures
depuis des années
qui pratique l'ouverture et toutes ces choses
qui tiennent plus souvent qu'à leur tour les douleurs à distance
patience compassion générosité
toutes ces choses qui ne veulent plus rien dire
depuis qu'on ne les écoute plus
il se penche vers le gardien
il murmure à son oreille
c'est inattendu
spontané
et doux
comme une pluie sur une verte prairie
«bonne fête encore» qu'il dit
(c'était son anniversaire hier et même s'il lui avait dit bonne fête déjà
il le redit quand même
qu'il n'y ait plus rien à célébrer, peu lui importe)
il le répète
et c'est encore plus gratuit qu'un caramel mou
dans la main d'une grand-mère
ensuite
l'ami qui connaît les coussins
et la manière d'être gratuit
il dépose sur son front
un baiser
c'est terriblement doux
si terriblement doux
que le gardien a l'impression de rencontrer la douceur la première
la fondamentale
tout droit sortie de la beauté du monde
pour la première fois de son existence
une transmission de douceur infinie
une foudre de tendresse
qui zigzague l'espace de sa méditation
pour atteindre droit au cœur
il est sur son coussin
le gardien et ses jambes croisées
qui ne peut plus suivre son souffle
emporté comme un vent
quand plus rien ne bouge
parce qu'il y a ce baiser sur son front
qui s'attarde
cette douceur qui ruisselle
cette sensation de lente marée haute
qui l'inonde
jusqu'aux larmes
c'est doux comme l'enfance
c'est tendre comme un père déposant un baiser sur le front
d'un fils d'une fille
pour lui permettre de couler en toute confiance
dans les rêves
ou dans le flot de la vie qu'il faut apprendre jour après jour
le gardien en gardera longtemps les traces
découvrant que la douceur peut être un burin formidable
15:45 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 21 février 2006
Vraiment peu de mots parfois
When your mind is narrow, small things easily agitate you. Make your mind
an ocean. - Lama Thubten Yeshe
Cette phrase exprime la quintessence d'un blogue qui prétend à peu de mots, beaucoup d'espace et un silence infini. Mille reconnaissances à ce lama.
-en adaptation libre-
il n'y a que l'esprit étroit
esprit rétréci au lavage de cerveaux
amaigri à force de ne pas s'être abreuvé à sa véritable nature
devenu tout juste bon à s'agiter pour des riens
devenu tout juste bon à grimper les rideaux
pour se faire accroire une montagne
il n'y a que cet esprit
pour ignorer
qu'au fond
au large surtout
il n'est rien de moins
qu' un océan
22:17 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 09 février 2006
Les deux loups - fable Cherokee
Voici une fable Cherokee entendue tout récemment.
Si je trouve, un jour, la version originale ou une version écrite plus percutante, je la posterai.
En attendant :
C'est l'histoire d'un grand-père et de son petit-fils, sur le sommet d'une colline. Ils sont là, tout simplement livrés à la beauté du paysage, complètement investis dans le rythme de tout ce qui vit, vole, tremble, respire, croît puis décline, à tous moments.
Le grand-père explique à son petit-fils qu'il y a, dans son cœur, deux loups qui se battent.
«Le premier loup est assez gentil, assez doux. Il écoute, il est curieux, attentif, intéressé. Il est capable de compréhension, de compassion même. Il est plutôt patient, et ne s'en fait pas trop si tout ne fonctionne pas comme sur des roulettes. Quand il observe le monde, qu'il y est attentif, il peut voir qu'il y a de la beauté toujours qui affleure. Il sait s'émerveiller et perd rarement une occasion d'apprécier une pleine lune qui se lève en retard ou un torrent qui s'énerve dans un coude un peu étroit.
«Le deuxième loup est plutôt grognon, marabout. Jamais content, même. Son regard sur le monde est assez noir. Il y a toujours quelque chose qui ne tourne pas rond. Il y a toujours quelque chose qui ne fonctionne pas à son goût. Rien n'est jamais parfait, rien n'est jamais comme il l'entend. Rien n'est jamais assez bien pour lui. Il est impatient, irritable, toujours prêt à serrer les mâchoires dès qu'il sent, dans ses parages, l'odeur de la contrariété.
Le petit-fils et son grand-père, sur le haut d'une colline, surplombant la complète beauté du monde. Le petit-fils a le regard plongé au cœur de son propre paysage, là où deux loups s'affrontent déjà. Le grand-père a le regard qui embrasse à la fois cet horizon qui aime se tenir à distance dès que l'on monte un peu haut et l'espace encore plus vaste, celui du cœur, siège d'un duel à ne jamais finir. Grand-père connaît bien, connaît trop, ces deux loups. Grand-père aura assisté à leurs prises de crocs maintes et maintes fois sûrement. Aussi, grand-père n'hésitera pas à répondre quand son petit-fils lui demandera :
– Et qui est-ce qui gagne grand-père?
Il n'hésitera pas à répondre.
Avec comme une évidence dans la voix, sur fond de grande douceur.
– Celui que tu nourris.
14:15 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 03 janvier 2006
Prise en flagrant de luz
elle s'est étiré le cou aujourd'hui
j'en aurais juré
la lumière
prise en flagrant de luz
vantant les parfums des oranges
elle s'est étiré le cou
s'est attardée sur le paysage
jusqu'à voir son ombre
rapetisser
au tableau des crépuscules
16:50 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 31 décembre 2005
Vœux du Nouvel An
lecteurs, lectrices,
passants qui trouvez le temps de passer par ici
et de vous rendre jusqu'au bout des mots
par-delà l'infini du silence
Quelques vœux pour la nouvelle année
les traditionnels d'abord :
santé paix bonheur
les particuliers ensuite :
un moment pour contempler les trois premiers vœux
et vous les souhaiter véritablement;
et vous les souhaitant
croire qu'ils peuvent être autre chose que des vœux traditionnels
des mots galvaudés
croire qu'ils peuvent être une base saine sur laquelle peut reposer la prochaine minute,
la prochaine heure,
l'hiver qui vient
et l'année accrochée derrière
je vous souhaite aussi
de l'espace
du temps
appelez ça comme vous voulez
pour être simplement là
dans le maintenant
et sentir qu'il n'y a rien de mieux
que ce maintenant,
le seul véritable moment de l'existence
qu'il est possible d'apprécier
qu'il est possible de chevaucher,
jamais le même,
qu'il soit bouffée d'air frais
soleil qui insiste
viole de gambe qui vibre
ruisseau qui placote
ou révolte qui gronde parce qu'il faut parfois l'orage
quand on a trop sué
je vous souhaite enfin
le plus essentiel des vœux :
Dans tous les «malgré tout...» les «merde alors!» et les «pourquoi moi?»
qui vous tomberont dessus
inexorablement
Puisse vous rester toujours
la dignité
elle qui ne sait pas toujours
à quel point elle est indestructible
comme ce vaste espace qui nous contient.
18:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 26 novembre 2005
Première neige
Première neige
qui me fait toujours le même effet
d'un silence tombé
sur les bruits qui courent
dans tous les sens
Première neige
d'un blanc oublié
qui abreuve nos soifs
de scintillances
et lumières sans compromis
Première neige
premier bonhomme
carotte au nez
foulard au cou
sourire tordu
dans la crainte du printemps
Première neige
ramassée par nos chialeries
de grognons hibernaux
Première neige
qui verra apparaître
sur sa peau
pas plus tard que maintenant
un ange tatoué
par quelque enfant
tombé dans les joies de l'hiver
enfin
11:50 Publié dans poésie, aphorismes et autres brindilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










